Retour sur la Marche de la Solidarité des Résidents.

La Marche de la Solidarité des Résidents, qui s’est tenue en hommage à Abdallah El Anfani, aura réuni plus d’une centaine de résidents ce mercredi 13 janvier. Rendez-vous avait été donné au bâtiment C de la Résidence Galois, celui-là même où est mort l’étudiant il y a déjà quelques mois. L’appel à la Marche a été propagé, relayé, les membres de l’association et des résidents sont allés frapper aux portes de leurs voisins, et au final, malgré une période de partiels et le froid d’un soir de janvier, plus d’une centaine d’entre eux sont venus, à la fois pour rendre hommage mais aussi pour se mobiliser afin de trouver les solutions afin que ce qui est inacceptable ne recommence jamais.

Article de Liberté Hebdo du 08/01
Article de Liberté Hebdo du 08/01
Article de la Voix du Nord 14/01
Article de la Voix du Nord du 14/01 

Article Voix du Nord 14/01 (version numérique)

Une marche entre hommage et revendications

Le ton était donné dès le départ : plus qu’un hommage, la Marche proposait de regarder ce qu’il s’était passé et de se projeter vers l’avenir, afin de trouver comment éviter qu’un tel drame ne recommence. La lutte contre l’isolement dans les résidences est aussi une lutte contre l’austérité à laquelle on soumet les CROUS et les services publics destinés aux étudiants et aux résidents. Le manque de moyens humains (de moins en moins de secrétaires, d’agents d’entretien, de veilleurs, qui sont des agents du lien social mais qui ne peuvent plus l’être avec le surplus de travail à accomplir en étant moins nombreux) et de moyens financiers sont des causes directes de l’isolement. Le travail des élus résidents pour mettre de la solidarité et de la vie dans leur résidence se heurte souvent aux contraintes budgétaires imposées (1€/chambre/an) et à des directions qui veulent sans cesse gratter les fonds de tiroir. Quitte à négliger l’accueil et le confort des résidents.

Rassemblés près du bâtiment, les résidents se sont mis en marche aux alentours de 18h40 en lançant les premiers slogans, comme « On n’oublie pas ce qu’il s’est passé », « Marre, marre, marre, de l’isolement ! Brisons les murs de nos 9m² ! » ou encore « Etudiants isolés, étudiants en danger ! ». Le tout sous les yeux d’habitants de la zone, d’automobilistes, de riverains du métro Cité Scientifique. Deux banderoles étaient portées par les marcheurs : « Etudiants isolés = étudiants en danger » et « N’oublions pas ce nom, Abdallah El Anfani ». Arrivés à Bachelard, là où le CROUS possède une antenne services, les résidents se sont groupés devant le bâtiment du bailleur social, et ont entamé une minute de silence, dont le silence digne est un message clair pour le CROUS : « Nous n’oublions pas ». La parole a ensuite été donnée à diverses personnes, résidents, représentants d’organisations présentes à la marche, membres du personnel du CROUS aussi présents. Une autre minute de silence, en mémoire de Bourama Fofana, un ancien résident malien mort il y a quelques jours, a aussi été faite. Puis les résidents sont repartis, par petits groupes, mais ensemble. Ce soir, un peu de solidarité s’est glissée dans les cœurs. Ce n’est qu’un début.

Photos et vidéos de la Marche de la Solidarité des Résidents

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